Nos projets

Complémentarité nutritionnelle des plantes cultivées et indigènes pour les bourdons

Contexte

 

Les monocultures restreignent les pollinisateurs à une alimentation monotone, souvent carencée, augmentant le risque de maladies et réduisant les performances de pollinisation et de reproduction. Nous cherchons à identifier quelles sont les meilleures associations de plantes (cultivées ou cultivées-indigènes) fournissant une ressource en pollen nutritive et adaptée aux bourdons sur un cycle annuel, afin de cibler les combinaisons à favoriser en milieu agricole pour lutter contre la malnutrition et le déclin des colonies.

Approche utilisée

Nous allons identifier des pollens de plantes cultivées ou indigènes à haute valeur nutritive et avec un potentiel médicinal pour les bourdons, et évaluer leur complémentarité avec les principales cultures du Québec et de l'Ontario (maïs, soya, bleuet, canneberge, pomme, fraises, tomates).

Pour cela, des études sont réalisées en milieu contrôlé (animalerie), semi-contrôlé (serres) et sauvage (champ), dans lesquelles nous cherchons à évaluer les bénéfices de différents pollens (testés individuellement et en combinaison) sur la santé, la reproduction et la survie de plusieurs espèces de bourdons.

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Bleuetière - zone où l'habitat est dominé par le bleuet, qui fleurit en Juin et est très attractif pour les bourdons. Sa floraison est toutefois courte et n'offre pas tous les nutriments nécessaires à la santé et aux performances des colonies.

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Maïs - sa culture est très répandue au Québec, notamment en Montérégie. Bien que largement pollinisé par le vent, le maïs, dont la culture s'étend généralement sur de très grandes surfaces, est fortement visité par les pollinisateurs lors de sa floraison. Il est toutefois carencé en certains nutriments essentiels affectant le comportement et la reproduction.

Nous réaliserons également des études biochimiques sur chaque pollen, afin de mesurer leurs contenus en différents nutriments essentiels pour les pollinisateurs indigènes.

Déroulement des études

Avril 2021 - Nous avons initié une étude, en collaboration avec Conservation de la Faune Canada (CFC), sur le bénéfice de pollens d'arbres indigènes du Québec et de l'Ontario sur la reproduction et la santé de reines de deux espèces de bourdons indigènes de ces Provinces.

 

Cette étude fait partie intégrante de l'initiative de rétablissement des pollinisateurs indigènes de CFC, dans le cadre de laquelle des reines de différentes espèces sont reproduites en conditions contrôlées puis relâchées pour renforcer les populations sauvages en déclin.

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(c) Sarah MacKell - CFC

Mai 2021 - des reines bourdons ont été capturées dans le sud de l'Ontario et placées dans les installations animalières du Safari African Lion où l'étude est réalisée. Nous allons tester le bénéfice de pollens issus de trois espèces différentes identifiées comme ayant de hautes valeurs nutritives, en comparaison d'un mix de pollens de fleurs sauvages.

Les pollens ont été obtenus grâce à nos collaborateurs, Yann Loranger et Isabelle Rabbat.

Juillet 2021 - voici quelques photos des colonies en développement !

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Installation des reines dans l'animalerie sous lumière rouge - pourquoi ? Car les bourdons ne voient pas dans le rouge, permettant de recréér un environnement sombre comme leurs terriers en milieu naturel. (c) Sarah MacKell, CFC.

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Reine Bombus impatiens avec ses ouvrières. Savez-vous comment identifier les jeunes individus venant d'émerger ? Leurs poils sont encore blancs, et prendront une couleur jaune au fil des heures/jours, alors que leur abdomen deviendra noir.

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Reine Bombus griseocollis avec ses deux nouvelles ouvrières, en train de s'occuper du couvain. Les colonies de cette espèce sont en général de plus petite taille que celles de l'espèce Bombus impatiens.

Amélioration de la santé des bourdons dans les serres maraîchères afin de préserver les pollinisateurs sauvages

Contexte 

 

Les bourdons commerciaux sont utilisés à grande échelle pour la pollinisation de cultures en serre. Toutefois, ils sont moins résistants aux maladies, et constituent ainsi une menace supplémentaire pour les abeilles sauvages, en augmentant la transmission de parasites.

 

Nous souhaitons tester dans quelle mesure l'implantation de bandes de tournesol, dont le pollen possède des valeurs médicinales, opère comme une solution simple et efficace pour réduire la charge parasitaire des bourdons commerciaux dans les serres du Québec avant qu'ils n'entrent en contact avec les bourdons et autres abeilles sauvages.

Cette étude ne serait pas réalisable sans nos partenaires, merci à elles et eux !

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Ruche commerciale de bourdons (Bombus impatiens) pour la pollinisation des cultures en serre - (c) Mathilde Tissier

Déroulement de l'étude

Avril 2021 - identification des serres participantes et installation des premières ruches

Mai 2021 - suivi des ruches dans chaque serre par capture non-invasive des ouvrières (récolte des excréments pour évaluer leur état de santé), avant de les relâcher dans la serre

Juin 2021 - Transplants de tournesols dans les serres et poursuite du suivi des ruches

Juillet 2021 - Introduction de nouvelles ruches dans les serres lors du pic de floraison du tournesol et suivi non-invasif des ouvrières

Quelques photos de l'étude

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Avril 2021 - ouvrière issue d'une ruche commerciale - (c) Mathilde Tissier

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Juillet 2021 - ouvrière sur une fleur de tournesol - (c) Mathilde Tissier

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Juillet 2021 - 5 bourdons sur une même fleur ! Il s'agit d'une ouvrière et de 4 mâles. Comment les différencier ? Les mâles n'ont pas de corbeille à pollen sur les pattes (et ils ont un segment de plus à l'abdomen) - (c) Mathilde Tissier